Quand ajouter des bus ne suffit plus…

Projet

Voilà plus de 150 ans que nous prenons le transport en commun à Québec.

La demande augmente année après année, en particulier pour les déplacements en autobus. La réponse à cette demande croissante a longtemps été d’ajouter des autobus réguliers, articulés ou d’augmenter leur fréquence. Donc… pourquoi un tramway. Pourquoi ne pas simplement ajouter des bus?

Aujourd’hui, il n’est plus possible d’augmenter le nombre d’autobus ou leur fréquence sans diminuer l’efficacité du réseau.

Avez-vous déjà vu la file de bus qui gravit la colline Parlementaire à la queue-leu-leu à l’heure de pointe?

Ils se congestionnent entre eux sur leur voie réservée. C’est ce qu’on appelle l’effet train-bus.

Ce n’est pas le fruit du hasard ou d’une mauvaise planification. C’est plutôt ce qui arrive lorsque des centaines de bus provenant de quartiers différents ont la même destination. On pense par exemple au centre-ville ou au pôle d’emplois de Sainte-Foy. L’espace disponible à destination ne permet pas d’accueillir plus de bus.

Pour illustrer le tout, prenons l’exemple de trois bus provenant de quartiers différents et se rendant au centre-ville.

Trois lignes de couleur représentant des parcours d’autobus proviennent de Beauport, de Charlesbourg et de Saint-Émile et se dirigent vers la Colline Parlementaire.

Ils arrivent au même moment à l’arrêt situé près de l’Édifice Marie-Guyart (le fameux « Complexe G ») sur la colline Parlementaire.

Ces trois véhicules déplacent 260 personnes.

ALT3 autobus sont représentés dans le haut de l’image. Le bus 1 est un bus régulier de 50 passagers. Les bus 2 et 3 sont des bus articulés de 105 passagers. Dans le bas, on voit un signe « égale » et un tramway de 260 passagers.

C’est la même quantité de passagers qui pourront bientôt monter dans un tramway.

Sur le trajet, les voies réservées ne sont pas toujours fiables.

Le bus 1 suit un camion qui s’est inséré sans autorisation dans la voie réservée. Un signe « retard » s’affiche au-dessus du bus.

Le bus numéro 1 devait arriver plus tôt, mais il a été ralenti par un camion de livraison qui circulait dans la voie réservée sans autorisation.

À destination, l’espace d’arrêt est restreint.

Le bus 1 est à l’aire d’arrêt et fait monter et descendre ses passagers. Les bus 2 et 3 sont en attente derrière, et on voit un pictogramme qui indique qu’ils sont en retard.

Avant de laisser monter ou descendre leurs passagers, les autres bus doivent attendre que le bus numéro 1 effectue ces étapes:

  1. Le bus 1 ralentit, puis s’arrête;
  2. Les passagers montent par la porte avant;
  3. Ils présentent leur titre de transport au chauffeur à tour de rôle;
  4. Pendant ce temps, des passagers descendent par la porte arrière;
  5. Le bus démarre et quitte l’aire d’arrêt.
  6. Les mêmes étapes se répètent. C’est au tour du bus 3 d’attendre que le bus 2 cède sa place.

Le bus 1 quitte l’aire d’arrêt. On voit un pictogramme qui indique qu’il est en retard. Le bus 2 est à l’aire d’arrêt et fait monter et descendre ses passagers. Le bus 3 est en attente derrière. On voit un pictogramme qui indique qu’il est en retard.

Des minutes précieuses viennent de s’écouler pour ces bus et se transforment en retard.

Le bus 3 s’approche d’une autre aire d’arrêt. On voit un pictogramme qui indique qu’il est en retard. À l’aire d’arrêt, on voit que des passagers se sont ajoutés.

Pourquoi? Durant ces minutes passées à attendre un bus, de nouveaux passagers se sont ajoutés aux prochains arrêts. Des usagers doivent trouver une place dans un bus bondé, ce qui entraîne plus de retard.

Un autobus en retard pourrait bientôt être rattrapé par d’autres autobus du même parcours.

Le bus est à l’aire d’arrêt et fait monter et descendre ses passagers. À l’aire d’arrêt, on voit que plusieurs passagers se sont ajoutés. Des bus du même parcours sont en attente derrière, avec un pictogramme qui indique qu’ils sont en retard.

Ces derniers devront ralentir sans parvenir à faire monter plus de passagers.

Le réseau est saturé à l’heure de pointe.

Notre exemple démontre qu’un bus supplémentaire, qu’il soit électrique ou pas, n’aurait rien réglé au problème. En fait, il l’aurait aggravé… un peu comme si on ajoutait de l’eau dans un bain qui déborde.


Avec le tramway, ce sera très différent.

Désormais, les différents parcours de bus en provenance de la banlieue feront un court arrêt dans un pôle d’échanges.

Trois lignes de couleur représentant des parcours d’autobus proviennent de Charlesbourg, de Saint-Émile et de l’Ancienne-Lorette et se dirigent vers le pôle de Saint-Roch. Une ligne jaune représentant le tramway se dirige ensuite vers la Colline Parlementaire.

Sur place, les bus pourront se garer facilement aux nombreux quais réservés.

Un autobus est à l’arrêt au Pôle de Saint-Roch. Une ligne pointillée rouge montre le trajet de quelques secondes à pied pour rejoindre le tramway.

Dans ces nouveaux pôles d’échanges, changer de mode de transport deviendra une expérience confortable et sécuritaire.

Saviez-vous que…

Passer de l’autobus au tramway se fera avec le même titre de transport, donc sans coût supplémentaire? Le tramway sera opéré par le Réseau de transport de la Capitale.

En 4 minutes ou moins, en période de pointe, tous les passagers trouveront place dans un tramway.

Sur une voie exclusive, puis sous terre dans notre exemple, le tramway se dirigera du Pôle de Saint-Roch vers la station Colline Parlementaire. Le trajet durera 5 minutes, et ce sera vrai :

  • Beau temps, mauvais temps;
  • Bonne ou mauvaise circulation;
  • Travaux routiers ou pas;
  • Peu importe la couleur des feux de circulation, puisque le tramway aura priorité à tous les carrefours.

À destination, ce ne sont pas trois véhicules, mais un seul, qui s’arrêtera.

Un tramway est stationné à l’aire d’arrêt qui est beaucoup plus large que celles des autobus.

Les étapes en station seront plus rapides :

  • Les quais des stations du tramway feront près de 45 mètres en longueur;
  • Les passagers pourront entrer et sortir par toutes les portes en même temps;
  • La validation des titres de transport se fera de manière autonome à l’intérieur et ce, même si le tramway a démarré.
  • La station souterraine Colline Parlementaire. À l’avant-plan, on voit un quai, une bande podotactile, le rail du tramway et un tramway à l’approche. Il y a beaucoup de gens présents sur les quais.

En tramway, les déplacements seront rapides et fiables sur un trajet de 19,3 km entre Cap-Rouge et D’Estimauville.

Des centaines d’autobus seront libérés sur cet axe et pourront circuler sur d’autres parcours. C’est l’une des nombreuses façons de bonifier le transport en commun dans tous les quartiers de notre ville.

Fait intéressant

Vous avez déjà pris le métro à Montréal? Le système pour monter et descendre du tramway de Québec par toutes les portes sera exactement le même. En ce qui concerne l’accès aux stations, il ne sera pas nécessaire de passer des tourniquets. La validation du titre de transport se fera de manière autonome à l’intérieur du véhicule.

La campagne du Gros bon sens : pourquoi?

Parce qu’il s’en dit des choses, au sujet du tramway! Des fois c’est vrai, des fois ce ne l’est pas. Qu’on parle des fils, de l’hiver, de la plateforme, des arbres ou des autobus, il est important de s’en tenir aux faits.

Car si on peut penser ce qu’on veut du tramway, on ne peut pas dire n’importe quoi.

Retour aux nouvelles

Autres nouvelles en lien avec votre sujet :

Haut de page